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L'opération DILF dans le Rhône

Le DILF (Diplôme Initial de Langue Française) est une certification qui valide les premiers acquis en français, notamment au terme des cours de français délivrés dans le cadre du Contrat d’Accueil et d’Intégration. L’organisation de la passation de ce diplôme dépend donc des organismes publics à qui ont été confiés cette responsabilité, notamment l’ANAEM (Agence Nationale pour l’Accueil des Etrangers et des Migrants, en charge du Contrat d’Accueil et d’Intégration) et le CIEP (Centre International d’Etudes Pédagogiques, en charge des certifications en langue française DILF / DELF / DALF).

En marge des dispositifs publics mettant en œuvre la politique linguistique de l’Etat, la préfecture du Rhône a décidé d’organiser la passation du DILF à grande échelle pour les ressortissants non francophones de ce département.

La Cimade, membre du réseau CLP, réagit à cette opération DILF dans le Rhône sur trois points, à partir de son expérience de terrain dans le domaine de la formation linguistique des migrants :

1. Cette opération, qui confie la préparation du DILF à des employés « volontaires » de la fonction publique, nie le fait qu’enseigner le français à des non francophones est un métier qui requière des compétences spécifiques, de même que l’évaluation des premiers acquis en français, alors que tant de personnes formées, diplômées des universités et expérimentées en didactique du français travaillent dans des conditions précaires ou sont au chômage.
 
2. Cette opération se déploie à côté des marchés publics qui mettent en œuvre la politique linguistique de l’Etat et donc en marge des organismes de formation et des associations de proximité implantés dans le Rhône depuis plusieurs années.
 
3. La maîtrise du français est une question instrumentalisée par l’Etat au regard de l’obtention du droit au séjour. L’opération DILF dans le Rhône pourrait alimenter le discours de façade de l’Etat sur les dispositifs qu’il met en œuvre pour favoriser l’intégration des étrangers en France alors que l’apprentissage du français n’est plus considéré comme un droit mais comme un devoir.

Téléchargez la déclaration du CLP

A lire aussi:
- le communiqué de la fédération des AEFTI (Associations pour l'enseignement et la formation des travailleurs immigrés et de leurs familles)
- la lettre des universitaires, responsables de formations en didactique du Français Langue Etrangère / Français Langue Seconde


 

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