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Mali : le co-développement avant l'heure

La Cimade a eu de la chance de s’engager auprès d’associations maliennes en France au début des années 80 sans savoir qu’elle faisait avec elles du « co-développement ».

Au delà de la réussite de ces actions en matière de santé (centre de santés, puits, programmes de soins de santé primaire), permis grâce à la mobilisation de fonds importants des migrants eux-mêmes appuyés par un co-financement de l’Union Européenne, il faut souligner les impacts ultérieurs tant là-bas qu’ici.
La dynamique instaurée dans leur région d’origine a généré des associations inter-villageoises qui se sont attaquées à d’autres questions (éducation, hydraulique villageoise, maraîchage) avec l’appui d’autres ONG dans un contexte de domination d’un parti unique à cette époque. Elles ont été animées par des migrants retournés volontairement pour le suivi de ces actions.
Ces derniers, après l’instauration de la démocratie au Mali, ont été élus, pour l’un maire de sa commune puis député, pour l’autre maire aussi d’une autre commune et président de l’association des maires du cercle de Kayes. On signalera que leurs élections n’allaient pas de soi quand l’on précise qu’ils sont issus de familles marquées socialement dans une société très hiérarchisée. Leurs engagements, d’abord en France puis au pays, ont balayé les préjugés traditionnels. Cela a été aussi l’occasion d’y associer comme opérateurs des ONG maliennes naissantes.

En France, confortés par ces premiers résultats, les dirigeants de ces associations se sont engagés dans la collecte de fonds auprès de leurs ressortissants pour mettre en œuvre d’autres chantiers en réponse aux associations citées plus haut. Pour ce qui concerne le cercle de Yélimané, cela a abouti au jumelage avec Montreuil et la mise en place de l’Association pour le Développement du Cercle de Yélimané partenaire de la municipalité. On mentionnera aussi que son coordinateur a été le Secrétaire Général de la première association partenaire de la Cimade. Ce jumelage prend un essor nouveau dans le cadre d’un programme ambitieux dont la conduite est confiée à une association composée en grande partie d’élus locaux du cercle et de représentants de la diaspora au Mali et en France. Pour compléter l’apport des migrants, Montreuil a pu lever des fonds du gouvernement malien, de la coopération française et de la FAO. Et elle se tient à l’écart de démarche de retour suggéré actuellement par la politique de « co-développement » ! Elle associe aussi à ce projet ses partenaires du Viêt-Nam et du Brésil.

On terminera, trop rapidement sûrement, en mentionnant aussi les projets de retour, volontaires, réfléchis et organisés, de migrants maliens qui ont eu aussi des suites en matière de structuration de la représentation paysanne de la région (Chambre d’agriculture…).


Gérard Rosset

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